Société Très à la mode depuis une dizaine d’années, il paye le prix de sa popularité

Il n’y a pas que les chiens et les chats qui sont abandonnés massivement par leurs propriétaires à l’approche des vacances ou pendant l’année. De plus en plus de furets sont également victimes d’abandons.

Tout comme pour les chiens et les chats, les motifs sont divers et variés : allergie, divorce, déménagement, grossesse, perte d’emploi, plus le temps, plus envie… "Malheureusement, effet de mode ou achat impulsif, nous devons bien constater que les abandons sont en constante augmentation et que ceux-ci sont souvent dus à une méconnaissance de notre petit mustélidé", remarque le fondateur du refuge Cody’s ferret situé à Erquelinnes (Hainaut).

Les furets nécessitent en effet plus de soins qu’un hamster ou un lapin. "Ils ont besoin d’une attention et de sorties quotidiennes d’au moins deux heures. Il faut également s’armer de patience car l’éducation de cet animal peut prendre plusieurs mois et les morsures sont très probables au début mais peuvent durer un certain temps selon les furets. Il faut leur couper les ongles toutes les 2 semaines environ, changer leur cage entière toutes les semaines, et la litière tous les jours. Il faut nettoyer les oreilles toutes les semaines environ et leur donner un bain une fois par trimestre. Il faut aussi être conscient de la forte odeur que cet animal peut émettre", constate un propriétaire de furet sur son site Internet.

Chaque année , Christine Merdjan, fondatrice de la Ligue nationale pour la protection du furet (LNPF), basée à Rebecq, dans le Brabant wallon, recueille des dizaines d’animaux rejetés par leur propriétaire et tente de leur trouver un nouveau foyer. Actuellement, elle abrite plus d’une vingtaine d’animaux à la recherche d’une nouvelle famille. "Le furet n’est pas un animal sauvage, c’est un animal domestique créé par l’homme comme les chiens et les chats. C’est le troisième animal de compagnie en Belgique et il est, lui aussi, victime d’abandons", déplore-t-elle.

La Ligue Nationale de protection du furet permet également aux propriétaires de partir en vacances l’esprit tranquille en gardant leur animal. Pour la somme de cinq euros, votre furet y sera logé, nourri et soigné. "Nos pensionnaires sont logés dans des cages adaptées équipées d’un bac à litière, d’un hamac et d’un sac de couchage. Ils reçoivent de la nourriture adaptée aux furets ou d’un menu propre. Ils bénéficient d’une heure quotidienne de plaine de jeu et de contacts quotidiens assurés par des personnes avisées ", explique la Présidente.

 

 

Les refuges envahis par les rongeurs

 

Cette année, la plupart des refuges pour animaux abandonnés ont dû faire face à un afflux massif de rongeurs. Les propriétaires de lapins, hamsters, cochons d’Inde ou encore rats sont en effet de plus en plus nombreux à abandonner leur animal soit en le relâchant dans la nature, ce qui le condamne à une mort certaine, soit en le plaçant directement dans un refuge.

Chez WAHF un refuge schaerbeekois, les cages à lapins ne désemplissent pas.

Des refuges spécialisés en rongeurs ont même vu le jour récemment. C’est le cas de l’ASBL SOS petits museaux, qui a ouvert ses portes l’année dernière. Le centre, géré par des passionnés, recueille souvent des animaux en piteux état. La semaine passée, ils ont notamment accueilli un lapin dont l’état était particulièrement préoccupant. "Alfred a directement été conduit chez notre vétérinaire. Il avait du liquide dans l’oreille et une gale importante et odorante, et sa joue était gonflée. La radio de ses poumons et de ses sinus n’étant pas terrible, il reste sous la surveillance et aux bons soins de notre vétérinaire", explique le refuge sur son site.